jeudi 7 septembre 2017

[Chronique] Arch Enemy - Will to Power

Dix ans, cela fait désormais dix ans que le navire Arch Enemy est inexorablement en perte de vitesse, dix ans déjà depuis la sortie de Rise of the Tyrant, le dernier disque pleinement satisfaisant d'Arch Enemy, et une décennie à voir un Michael Amott perdre en inspiration à chaque album, même le changement de chanteuse, en échangeant la bonne vieille Gossow pour un modèle canadien plus jeune et plus rutilant, n'y aura rien fait, War Eternal était juste un album d'Arch Enemy pas top où le groupe appliquait sa formule en déroulant ses gimmicks habituels, partant de là, il n'y avait pas grand chose à attendre de ce nouveau disque qui arrive avec sa pochette remplie de tous les pires clichés, au moins vous êtes prévenu par le visuel, l'originalité et la prise de risque ne sont pas au menu de cette cuvée 2017, ce qui dévient une sale habitude...

Pourtant, on aurait pu penser que le groupe allait pouvoir redresser la barre, après tout, peut-être que le fait de remonter sur scène (au Japon) avec Black Earth (le line-up d'origine d'Arch Enemy) afin de jouer des morceaux tirés uniquement des trois premiers albums du groupe allait redonner de la patate à Mike Amott, un sursaut d'inspiration en revisitant le passé peut-être? ou alors regardez bien la photo, l'intérimaire Nick Cordle a été prié d'aller se faire foutre pour faire place à JEFF FUCKING LOOMIS! aka l'un des meilleurs guitaristes de Metal actuel, partant de là, il y avait quand même une petite lueur d'espoir, qui sera balayé par le premier single paru il y a quelques semaines, qui semblaient annoncer fièrement que le groupe avait bel et bien décidé de s'enfoncer davantage dans la médiocrité.
Alors là, déjà on passera sur le clip d'entrepôt cheap à mort, et on s'attardera un peu plus (mais pas beaucoup plus) sur ce single qui n'est qu'une accumulation de tous les poncifs du groupe, vomie par un groupe qui n'en a absolument plus rien à branler du songwritting, ce morceau est limite une auto-parodie, du recyclage honteux, que ce soit les riffs ou les mélodies, c'est du pur foutage de gueule, et niveau lyrics c'est du n'importe quoi à destination des ado de quinze ans, comment un type de presque cinquante balais comme Amott peut écrire un refrain à base de If you want the world, Use your mind, Take control, putain...
Concernant Loomis, on ne va pas y aller par quatre chemins, le gars n'a absolument AUCUN crédit de composition sur l'album, le type n'a rien branlé sur le disque et balance juste quelques solos par-ci par-là, et quand je vous dis qu'il n'a rien branlé, c'est qu'il n'a pas eu le choix, Arch Enemy est le groupe d'Amott et c'est lui qui a tout composé, c'est bien simple, Arch Enemy qui recrute Jeff Loomis, c'est exactement comme claquer une fortune dans un PC de gamer afin de jouer à Candy Crush, ça n'a aucun sens, c'est ridicule, c'est un gâchis, mais j'imagine que Loomis a des factures à payer, il n'y a pas d'autre explication au fait qu'il accepte de faire de la figuration dans ce groupe.
Pourtant, aussi bizarrement que cela puisse paraître, Will to Power débute... bien, ouais, franchement, je plaisante pas, bon, il faudra passer l'intro instrumentale obligatoire toute nulle et inutile, mais The Race est quand même un sacré bon morceau qui poutre, c'est pas du génie, c'est même plutôt linéaire, mais ça envoie, y'a une petite vibe d-Beat dedans et les aspirations Thrashy donnent l'impression d'écouter un bon morceau de The Haunted, même le growl de White-Gluz, que je trouve quand même toujours aussi léger et girly passe à peu près, Blood in the Water sera lui aussi correct, on a l'impression de retrouver un groupe avec un peu d'allant qui se rappelle de ce qu'il a été il y a plus de quinze ans, le titre rappelle un Arch Enemy old-school avec des tonnes de plomb et des leads particulièrement volubiles, débuter l'album par deux morceaux comme ça, par forcément les plus évidents, surtout le second, était assez couillu de la part d' Arch Enemy, pas de bol, ce seront les seuls moments cool du disque...
Parce que bon, ensuite on se tape les deux singles principaux du disque, un duo de la lose qui va définitivement enterrer tous les espoirs de voir Arch Enemy sortir un bon disque, on ne va pas revenir sur The world is Yours, et on va plutôt s'intéresser au second single The Eagle Flies Alone, ouais, vous avez bien lu, vous ne rêvez pas, Mike Amott a pondu un morceau qui s'appelle The Eagle Flies Alone, et bien évidemment, les lyrics sont carrément embarrassants comme c'est pas permis, on se croirait chez Gamma Ray putain, et on imagine bien qu'Amott a utilisé son année sabbatique pour sortir diplômé de la Kai Hansen School of Crappy Lyrics option Aigle Rebelle ("Slave master, it's not for me I chose my own path, set myself free" oh putain...), si seulement il n'y avait que les paroles qui étaient à chier, ça pourrait passer, mais musicalement, c'est un désastre, entre le riff d'ouverture qui semble avoir été pompé chez Amon Amarth, le côté décousu où on dirait un patchwork bricolé en studio de truc qui ne vont pas ensemble, et un growl de White-Gluz pénible de chez pénible, on touche littéralement le fond du fond des abysses de la grande faille de la nullité.
Ah non en fait, ils peuvent faire pire, car avec Reason to Believe on va carrément toucher au malaise le plus total, parce que ouais, réminiscence de The Agonist, y'a du chant clair de la part de White Gluz, et pas de bol, alors que ça pourrait être une bonne idée, j'ai rien contre le principe après tout, ce morceau et son alliance Chant clair mielleux et mauvais Growl, c'est globalement du niveau d'une power-ballade à la In this Moment, et c'est pas du tout ce pour quoi j'ai signé quand j'ai commencé à écouter ce putain de disque bordel!
On est globalement à la moitié de l'album, et il faut que vous sachiez que Will to Power ne se relèvera jamais du titre précédent, pire encore, la seconde moitié du disque est une longue et lente agonie, il n'y a rien à retenir de cet enchaînement de morceaux médiocres et probablement vite torché sur un coin de table, surtout que contrairement aux derniers albums, ces traditionnels fillers de seconde moitié de disque sont tout simplement mauvais, et donnent même le sentiment d'être un gros bordel, Dreams of Retribution est par exemple un truc merdier MeloDeath néoclassique orchestré avec de l'electro dedans, c'est du n'importe quoi, Loomis a beau balancer des putain de leads là-dedans, ça ne fait que renforcer ce sentiment d'incohérence car elles tombent comme un cheveu sur la soupe, mais on va arrêter là parce que franchement, vu la qualité de la fin de l'album, c'est tout simplement embarrassant et presque triste de voir un tel groupe tomber si bas.
Stéréotypé à mort, sans aucune inspiration, Arch Enemy vient avec Will to Power de faire largement pire que War Eternal, qui avait au moins le mérite de sauver les meubles en s'accrochant à une formule maîtrisée, ce n'est même plus le cas ici quand on entend certains morceaux qui n'ont ni queue ni tête, Will to Power est un bordel désordonné d'un groupe qui ne sais plus quoi faire pour relancer la machine.
Mois j'ai une idée, toute simple en plus, pourquoi ne pas commencer par jouer de la bonne musique plutôt que de jouer sur l'imagerie en basant la promo sur le fait que la chanteuse est mignonne? ça pourrait être cool non? (en parlant de ça il y aurait surement beaucoup à dire sur le sexisme du groupe dans l'usage de la femme dans le cadre de son marketing)  Et Pourquoi ne pas aussi laisser Loomis composer des trucs? on parle de l'un des meilleurs guitaristes du game là, le compositeur principal de Nevermore putain, pas d'un vulgaire tâcheron intérimaire, déjà ça serait pas mal pour commencer, ça éviterait peut-être des albums de merde comme celui-ci.
En attendant, on a les mêmes riffs recyclés qui tournent en boucle depuis dix ans, un songwritting complètement défaillant, un Loomis qui fait de la figuration, et une White-Gluz toujours aussi crispante avec son growl poussif, je pense qu'on est face au pire album du groupe, jamais Arch Enemy n'avait autant montré son manque d'idées et d'inspiration qu'aujourd'hui, Will to Power est tout simplement un album médiocre d'un groupe qui semble plus que jamais en fin de course, et surtout, surtout, pitié, liberez Loomis bordel!!
#FreeLoomis
Track Listing:
1. Set Flame to the Night  01:18
2. The Race  03:15
3. Blood in the Water  03:55
4. The World Is Yours  04:53
5. The Eagle Flies Alone  04:59
6. Reason to Believe  04:47
7. Murder Scene  03:50
8. First Day in Hell  04:48
9. Saturnine  01:09
10. Dreams of Retribution  06:40
11. My Shadow and I  04:05
12. A Fight I Must Win  06:37